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#Test HIFIMAN Ananda Unveiled : un casque planaire ouvert d’une grande transparence

  • Photo du rédacteur: Jean-Philippe Burgos
    Jean-Philippe Burgos
  • il y a 12 heures
  • 8 min de lecture

Avec l’Ananda Unveiled, HIFIMAN fait évoluer son célèbre casque planaire ouvert vers une restitution encore plus libre, plus aérée et plus transparente. Cette prise en main met en lumière un modèle audiophile particulièrement séduisant, capable de justesse des timbres, scène sonore ample et vraie finesse d’analyse sur le jazz, le classique, le rock, le piano et les voix.


Positionné dans une zone tarifaire particulièrement disputée, le HIFIMAN Ananda Unveiled entend associer les qualités traditionnellement du planaire : rapidité, définition, stabilité , avec une ouverture de scène et une franchise de restitution qui visent clairement l’amateur d’écoute audiophile exigeante.


HIFIMAN, spécialiste du casque planaire

Fondée en 2007 par Fang Bian, HIFIMAN, marque chinoise a largement contribué à démocratiser la technologie magnétique planaire, aujourd’hui au cœur de son identité.


Contrairement à un transducteur dynamique classique, le planaire met en mouvement une membrane extrêmement fine sur toute sa surface, grâce à un réseau d’aimants. Cette architecture favorise en général une restitution plus rapide, plus propre, avec une belle sensation de contrôle sur le médium, l’aigu et les micro-informations.


Au fil des années, HIFIMAN a décliné cette expertise sur des modèles devenus des références de leur catégorie, du Sundara à l’Arya, en passant par l’Edition XS et bien sûr l’Ananda. L’Ananda Unveiled s’inscrit dans cette lignée, avec l’ambition de proposer une lecture encore plus libre du message musical.


Une conception pensée pour l’ouverture

Le terme Unveiled (dévoilé) traduit la volonté de limiter les réflexions et les contraintes acoustiques autour du transducteur, en allégeant la structure arrière afin de laisser “respirer” davantage la membrane par la suppression totale de la grille extérieure du casque. Selon le constructeur, les grilles traditionnelles créent des réflexions acoustiques qui causent de la distorsion.



HIFIMAN reprend ainsi la silhouette familière de l’Ananda, avec ses grandes coques ovales et son arceau à bandeau suspendu, mais y associe une architecture plus ouverte, presque dénudée, qui met en valeur la technologie embarquée.


  • Le revers de la médaille : Les transducteurs (haut-parleurs) planar magnétiques sont entièrement mis à nu. Leurs aimants surpuissants attirent la moindre petite particule métallique ou poussière. Il est donc impératif d'utiliser les caches magnétiques fournis (les Magnetic Veils) dès que le casque n'est pas sur vos oreilles pour éviter de l'endommager.

  • Confort : Avec 440 grammes sur la balance et de larges oreillettes asymétriques, le casque s'avère extrêmement confortable à porter au quotidien. Il n'exerce pas de pression excessive sur le crâne.


Le casque conserve par ailleurs une ergonomie convaincante. Malgré son gabarit, il se montre confortable, serre modérément et se fait oublier sur la durée. Son usage reste bien sûr strictement domestique : comme tout casque ouvert de cette trempe, il ne cherche pas à isoler mais en contrepartie, cette absence de confinement participe directement à son sentiment d’espace.



Cohérence avec l’esprit de la gamme

Sur le plan technique, le HIFIMAN Ananda Unveiled reste fidèle à la philosophie de la marque : un casque planaire ouvert pensé pour conjuguer finesse, réactivité et facilité d’alimentation relative. Il adopte un transducteur magnétique planaire de nouvelle génération associé à l’architecture Unveiled, conçue pour réduire les réflexions parasites derrière la membrane et favoriser une restitution plus libre. Avec une impédance de 22 ohms et une sensibilité de 93 dB, il se montre plus conciliant que certains casques planaires très exigeants, tout en appelant naturellement une électronique soignée pour exprimer toute sa transparence. Son poids de 449 g, raisonnable au regard de son format et de sa technologie, confirme sa vocation sédentaire sans pénaliser le confort sur la durée.


Caractéristiques techniques

Caractéristiques

Données

Type

Casque audiophile ouvert

Technologie

Transducteur magnétique planaire

Réponse en fréquence

5 Hz – 55 kHz

Sensibilité

93 dB

Impédance

22 ohms

Poids

449 g (hors protections magnétiques)

Câble fourni

1,5 m, terminaison jack 3,5 mm

Adaptateur fourni

3,5 mm vers 6,35 mm

Accessoires

Caches magnétiques, câble, adaptateur


Conditions d’écoute

Cette prise en main a été menée à partir de fichiers haute résolution disponibles sur Qobuz, avec une sélection de morceaux permettant d’évaluer quatre critères essentiels : les timbres, la transparence, la dynamique et la scène sonore. Streamer eversolo DMPA6 et Amplificateur Focal Arche classe A mais également lecteur Astell Kern S35 en liaison symetrique 4,4 mm . Cables 6,35mm asymetriques et XLR Symétrique.


Au programme :

  • Miles Davis – “On Green Dolphin Street”, extrait de Birth of the Blue

  • Dire Straits – “Brothers in Arms”, édition 20th Anniversary

  • Dmitri Chostakovitch – Symphonie n°4

  • Diana Krall – “Deed I Do”, extrait de Live in Paris

  • Katia Labèque & Chick Corea – Evans :We will Meet Again



Expérience d’écoute avec Qobuz

Qobuz s'impose comme la référence streaming pour qui ne transige pas sur la qualité : catalogue éditorial exigeant, fichiers Hi-Res jusqu'au 24 bits / 192 kHz.


Timbres : justesse, matière et absence d’artifice

Le premier mérite de l’Ananda Unveiled tient à sa manière de dessiner les timbres sans les alourdir. Son équilibre repose sur une lisibilité très propre, mais sans dessèchement.


Sur “On Green Dolphin Street”, la trompette de Miles Davis illustre parfaitement cette approche. Le son reste brillant sans devenir métallique, l’attaque conserve sa franchise, mais la matière de l’instrument demeure charnelle. Le casque laisse respirer la contrebasse, éclore le piano et scintiller la cymbale avec une belle cohérence de ton. C’est une écoute qui respecte les nuances sans transformer le jazz en démonstration analytique.


Même constat sur “Deed I Do” de Diana Krall. La voix est présente et dense. L’Ananda Unveiled sait faire entendre la texture du souffle, les inflexions du phrasé, la proximité du micro. Le piano conserve une articulation claire dans le médium, avec des attaques franches et une résonance harmonique bien tenue.


L’écoute de Evans : We will Meet Again par Katia Labèque et Chick Corea prolonge cette impression. Le HIFIMAN se montre très convaincant dans sa manière de différencier les attaques, les résonances et la matière des deux pianos, sans jamais figer le jeu dans une lecture trop analytique. Les timbres restent pleins, lisibles, avec ce qu’il faut de densité harmonique pour préserver la dimension charnelle de l’instrument.


Transparence : la qualité maîtresse

C’est probablement dans ce registre que l’Ananda Unveiled affirme le plus clairement sa personnalité. La transparence, ici, se manifeste surtout par l’absence de voile, par cette impression que le casque oppose très peu de résistance au message musical.


Sur la Symphonie n°4 de Shostakovitch, cette qualité fait merveille. Les plans sonores restent lisibles même lorsque l’orchestre se densifie. Les cordes ne se fondent pas en masse uniforme, les bois gardent leur identité, les cuivres surgissent avec franchise sans durcir l’équilibre. On retrouve cette faculté typiquement planaire à aérer l’information et à maintenir une excellente séparation des pupitres.


Cette transparence bénéficie tout autant aux prises plus intimistes. Sur Diana Krall, les micro-réverbérations, les respirations, les nuances de toucher apparaissent avec naturel. L’Ananda Unveiled ne surexpose pas le détail : il le laisse exister, ce qui est bien plus musical.


Avec Katia Labèque & Chick Corea, cette lisibilité sert admirablement le dialogue entre les deux claviers. Le casque suit avec aisance la circulation du discours musical, met en relief les attaques sans les durcir et laisse percevoir la respiration de l’enregistrement avec une grande netteté. On profite pleinement de la rapidité du planaire, sans perdre la continuité du phrasé.



Dynamique : un casque vif

L’ouverture et la finesse de l’Ananda Unveiled pourraient laisser croire à un casque avant tout analytique. Ce serait oublier son sens de l’élan. Car derrière sa présentation très lisible, il sait aussi faire vivre les écarts de niveau et les montées en tension.


Sur “Brothers in Arms” dans sa version 20th Anniversary, la guitare de Mark Knopfler profite d’une très belle articulation. Le casque met en valeur la délicatesse du jeu, les variations de toucher au doigts, la tension contenue du morceau. Les montées se font avec fluidité, sans compression perceptible, et l’ensemble conserve une respiration très naturelle.


Dans Shostakovitch, cette dynamique prend une dimension plus spectaculaire. Les tutti orchestraux ont de l’ampleur, les ruptures de climat sont bien marquées et le casque garde son sang-froid lorsque l’écriture devient foisonnante. Le grave reste ferme, lisible et suffisamment tendu pour soutenir l’architecture de l’œuvre. Cette maîtrise donne à l’Ananda Unveiled une vraie maturité d’écoute.


Sur Evans :We will Meet Again , le casque séduit également par sa vivacité. Les attaques de pianos sont franches, nettes, rapides, mais jamais sèches. Il sait préserver l’impact du geste tout en laissant s’épanouir la résonance harmonique, ce qui participe grandement au naturel de l’écoute.


Scène sonore : une écoute qui respire

Un casque ouvert HIFIMAN est toujours attendu sur sa capacité à créer de l’espace, et l’Ananda Unveiled répond pleinement à cette attente. Sa scène sonore repose aussi sur une belle aération entre les sources, une séparation franche des plans et une stabilité très convaincante de l’image.


Sur Miles Davis, chaque instrument trouve sa place avec naturel. La trompette se détache sans agressivité, la batterie respire, le piano s’inscrit avec justesse dans la profondeur de l’enregistrement. Le casque ne plaque pas les éléments sur une ligne frontale mais parvient à ménager une vraie perspective.


Avec Diana Krall, la sensation de salle participe pleinement au plaisir d’écoute. L’ambiance du concert, la réverbération du lieu, la présence du public sont revelés avec une image sonore vaste et cohérente. La disposition dans l’espace, le dialogue entre les instruments et la perception des résonances donnent à l’écoute une respiration très naturelle.


Quant à Shostakovitch, il profite de cette ouverture pour ouvrir sa dimension symphonique. L’Ananda Unveiled offre une scène ample, stable et hiérarchisée, ce qui est remaquable à ce niveau de prix.



Une personnalité claire, à associer avec soin

Le HIFIMAN Ananda Unveiled séduit par sa clarté, sa rapidité et son sens de l’espace. En contrepartie, son équilibre privilégie clairement la transparence à la chaleur. Selon les enregistrements et les associations, certains auditeurs pourront le trouver un peu lumineux dans le haut du spectre. Rien de rédhibitoire, mais il mérite une source propre, nuancée, et si possible un amplificateur capable de préserver sa finesse sans raidir son message.


Il faut donc l’aborder pour ce qu’il est : un casque ouvert, très lisible, qui met en avant la circulation de l’information et la liberté de la scène sonore. Avec les bons partenaires, il se montre remarquablement expressif. Cependant malgré une sensibilité annoncée correcte, le casque a besoin d’une électronique sérieuse pour tenir le grave, ouvrir la scène et libérer la micro-dynamique.


En résumé : Points forts & Points faibles

Avantages :

  • Rapport qualité-prix exceptionnel pour les performances techniques délivrées.

  • Restitution des voix addictive.

  • Écoute très détaillée mais relaxante, sans agressivité dans les hauts-médiums.

  • Excellent confort malgré la taille du casque.

Inconvénients :

  • Le design ouvert sans grille exige une manipulation très soignée et l'usage systématique des caches de protection.

  • Le câble fourni d'origine est assez basique et mérite d'être changé pour un symétrique..


Verdict

Avec l’Ananda Unveiled, HIFIMAN propose un casque séduisant par la justesse de ses timbres, sa transparence de haut niveau, sa dynamique vive et sa scène sonore généreuse. Par contre, le design ouvert sans grille exige une manipulation très soignée et l'usage systématique des caches de protection. Il fait malgre tout respirer la musique et promet de s’installer comme un compagnon de longues écoutes exigeantes.



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