#Test Sennheiser Momentum 5 : redécouvrir la musique

Dernière mise à jour : 16 sept.

Mon verdict rapide :
Le Momentum 5 joue la carte de l'équilibre sonore et il vise juste. Transducteur retravaillé, ANC hybride nettement plus efficace, décodage filaire en 24 bits/96 kHz via USB-C, batterie remplaçable par l'utilisateur : Sennheiser a soigné chaque détail, avec la qualité sonore toujours en ligne de mire.
Un casque exigeant, pensé pour durer, qui s'adresse à celles et ceux qui mettent la qualité audio au premier plan.
Quatre ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Sennheiser pour renouveler son casque Bluetooth amiral. Une éternité dans un marché où Sony et Bose sortent une nouvelle génération presque chaque année. Mais chez Sennheiser, on ne bouscule pas la gamme Momentum sur un coup de tête.

Le Sennheiser Momentum 5 Wireless est livré avec un étui de transport assez léger, un cable usb-c pour la liaison audio numerique / recharge de sa batterie et d'un cable en jack 3,5 mm pour une liaison filaire analogique directe.

Le transducteur au cœur de la refonte
Le Momentum 5 conserve un haut-parleur dynamique de 42 mm, fabriqué dans l'usine irlandaise de la marque. Rien de neuf en apparence. Mais Sennheiser a revu son réglage tonal, avec pour objectif plus d'assisie dans les graves, des médiums plus doux et des voix plus posées que sur le Momentum 4.
C'est un choix qui a des conséquences directes à l'écoute, j'y reviendrai. La bande passante grimpe jusqu'à 40 kHz, aussi bien en Bluetooth qu'en USB filaire, mais retombe à 22 kHz en entrée analogique classique, un écart qui mérite d'être noté si vous comptez brancher le casque sur une source jack traditionnelle.
La sensibilité annoncée est de 108 dB SPL, pour une impédance de 520 ohms en mode actif. La distorsion harmonique reste contenue sous les 0,2 %, un chiffre qui se confirme d'ailleurs à l'écoute, propre et sans dureté même à volume soutenu.

La réduction de bruit change également de dimension. Sennheiser passe à huit microphones MEMS, soit quatre par oreillette, contre la moitié sur le Momentum 4.
L'ANC hybride adaptative analyse en continu l'environnement sonore et Sennheiser annonce une atténuation jusqu'à trois fois supérieure sur les fréquences moyennes par rapport à la génération précédente.

Côté connectivité, le Momentum 5 embarque une puce Bluetooth 5.4 de classe 1 signée Qualcomm, avec une mise à jour vers le 6.0 promise par firmware. Avec une liaison multipoint, il inclus toute la famille aptX, jusqu'à l'aptX Lossless pour une transmission bitperfect sur les sources compatibles, et le support Snapdragon Sound.
Attention toutefois aux utilisateurs d'iPhone. L'écosystème Apple ne prend pas en charge aptX Lossless nativement. Pour exploiter ce mode avec un iPhone ou un iPad USB-C compatible, il faut passer par un émetteur tel que le Sennheiser BTD 700, qui assure la transmission Bluetooth en aptX Lossless.

Le dongle fonctionne également avec Mac, PC et Android compatibles.
C'est une nuance importante : le Momentum 5 est capable de Lossless, mais encore faut-il que toute la chaîne le soit.

Nouveauté marquante enfin, ce Momentum 5 inaugure le Dolby Atmos chez Sennheiser sur un casque circum-aural, avec suivi des mouvements de tête.
Et sur le terrain de la durabilité, la marque a fait un choix rare dans ce segment de prix : une batterie lithium-ion de 700 mAh, remplaçable par l'utilisateur lui-même après dépose du coussinet et de quelques vis. Un vrai geste anti-obsolescence, qu'on aimerait voir se généraliser et qui d'ailleurs sera obligatoire en europe en 2027.

Mise en œuvre et prise en main au quotidien
Visuellement, le Momentum 5 ne prend aucun risque. Le châssis reste très majoritairement en plastique, agrémenté de quelques touches métalliques discretes sur les charnières et les grilles de microphones. L'arceau se pare d'un revêtement en tissu texturé, plus qualitatif à l'œil comme au toucher que ce qu'on trouve chez certains concurrents à prix comparable.
Le système de réglage des oreillettes a été repensé, sans les crans mécaniques parfois désagréables des générations précédentes, pour un ajustement plus fluide. Les oreillettes elles-mêmes sont suffisamment larges pour éviter tout contact gênant avec le pavillon de l'oreille, même lors de longues sessions.

L'étui de transport rigide, habillé de tissu, a lui aussi été redessiné. Il gagne en finesse et embarque des poches intérieures pratiques pour les câbles, ainsi qu'une poignée ergonomique.

L'application Sennheiser Smart Control Plus reste la porte d'entrée vers la personnalisation du casque.
On y trouve un égaliseur graphique huit bandes, la gestion fine de l'ANC et de la transparence, le pilotage du Dolby Atmos et du suivi de tête, mais surtout la fonction Sound Personalization, développée avec l' institut Fraunhofer.
Le principe est simple : une série de tests auditifs interactifs permet à l'algorithme d'ajuster la courbe tonale à la sensibilité réelle de votre audition. J'ai pris le temps de faire l'exercice sérieusement, et le résultat se ressent, avec un rendu plus riche et plus habité qu'en réglage d'usine.

L'écoute au cœur du réacteur
J'ai testé ce Momentum 5 avec des sources variées : streaming Qobuz en Bluetooth depuis un iPhone en AAC, puis avec le dongle BTD-700 en aptX Lossless, et enfin en filaire USB-C pour profiter du décodage complet en 24 bits/96 kHz.
Qobuz reste la référence streaming pour qui ne transige pas sur la qualité : catalogue éditorial exigeant, fichiers Hi-Res jusqu'au 24 bits/192 kHz.
Jazz : le respect du timbre à l'épreuve

Sur "Bullitt" de Lalo Schifrin, un big band superbement enregistré, la contrebasse et la batterie posent une assise rythmique d'une rondeur naturelle, avec une assise solide dans le bas du spectre avec une légère accentuation.
C'est exactement ce qu'on attend du réglage tonal retravaillé de ce Momentum 5 : des médiums plus doux qui laissent respirer le pupitre de cuivres, sans en gommer le mordant caractéristique. La section de cuivres, trompettes et trombones lancés en pleine puissance, garde son éclat métallique, son grain, sans devenir agressive.

Classique : la scène sonore mise à nu
Sur la Symphonie n° 6 de Mahler, un déchaînement orchestral exigeant, le Momentum 5 se déploie avec un timbre naturel et une transition entre bas-médium et haut-médium qui se fait sans rupture. Le haut du spectre, volontairement doux, élimine toute trace de stridence sur les cordes aiguës et les cuivres lancés fortissimo, garantissant une écoute sans fatigue même sur un mouvement aussi long et dense que le finale.
C'est une restitution engagée, presque déroutante tant le casque semble s'effacer devant la masse orchestrale. Seule réserve, pour les amateurs de brillance : cet aigu assagi peut manquer d'air sur les pupitres de cordes les plus tendus. Une question de tempérament plus qu'un vrai défaut.

Électro : la dynamique mise à l'épreuve
Sur "Wake Me Up" de The Weeknd avec Justice, un titre électro taillé pour la danse, le Momentum 5 tient une dynamique solide sans compresser les montées en puissance. La basse synthétique signée Justice, filtrée et légèrement saturée, descend très bas avec un slam marquant, sans jamais brouiller la voix de The Weeknd qui reste posée au-dessus, claire et détaillée.

Qobuz en Bluetooth, iPhone avec BTD700.
Avec l'iPhone en AAC, le rendu reste tout à fait honorable, fidèle à l'ADN du casque, mais on sent une légère perte de définition dans le haut du spectre par rapport à ce que permet l'aptX Lossless. En passant avec le BTD700 en aptX Lossless, l'image stéréo se resserre nettement et la scène sonore devient plus aérée, avec des micro-détails, une résonance de corde, une respiration de cuivre, qui ressortent davantage.
Le filaire USB-C : la vraie carte maîtresse
C'est en filaire, via USB-C, que le Momentum 5 dévoile son meilleur visage. Le décodage complet en 24 bits/96 kHz depuis Qobuz en Hi-Res transforme littéralement l'expérience. Le signal gagne en propreté, la distorsion quasi inexistante permet de pousser le volume sans compression ni saturation perceptible.
On retrouve ici une filiation claire avec les casques audiophiles filaires de la marque, une transparence et une absence de bruits parasites qui placent ce Momentum 5 un cran au-dessus de la plupart de ses concurrents sans fil dès qu'on accepte de le brancher.
Points forts
Transducteur retravaillé, médiums plus doux, voix plus posées
Scène sonore large et lisible, particulièrement convaincante en classique
Décodage filaire USB-C jusqu'en 24 bits/96 kHz, un vrai argument audiophile
ANC hybride nettement renforcée par rapport au Momentum 4
Batterie remplaçable par l'utilisateur, autonomie annoncée de 57 heures avec ANC
aptX Lossless et Snapdragon Sound pour les sources compatibles
Points faibles
ANC perfectible sur certaines fréquences vocales et annonces sonores
Légère pression au sommet du crâne sur les très longues sessions

Verdict
Le Momentum 5 réussit un exercice délicat : faire progresser un casque déjà très abouti sans sacrifier ce qui faisait son identité.
Ses transducteurs de 42 mm privilégient toujours les timbres et la musicalité. Le grave conserve une belle présence, le médium reste charnu et la dynamique sait donner vie aux enregistrements. L'ANC à huit microphones apporte un véritable confort dans les transports, tandis que l'égaliseur huit bandes permet d'adapter finement la restitution.
Le Bluetooth 5.4 et l'aptX Lossless ouvrent la porte à une transmission sans fil de très haute qualité, à condition de disposer d'une source compatible. Les utilisateurs d'iPhone devront pour cela ajouter un émetteur BTD 700. L'USB-C 24/96 constitue quant à lui une excellente solution pour une écoute depuis un ordinateur.
Et puis il y a cette batterie remplaçable. C'est peut-être elle qui fait du Momentum 5 le casque le plus abouti de la série. Dans un marché où la sophistication technologique accélère souvent l'obsolescence des produits, Sennheiser choisit ici de rendre son casque plus durable.

Un choix aussi simple que pertinent.
Les plus : restitution chaleureuse et détaillée, excellents timbres, ANC très efficace, huit microphones, EQ huit bandes, aptX Lossless, USB audio 24/96, Dolby Atmos avec suivi de tête, batterie remplaçable.
Les moins : autonomie légèrement inférieure au Momentum 4, son spatial davantage spectaculaire qu'indispensable pour l'écoute stéréo.
Le casque utilisé pour ce test a été prêté par Sennheiser, sans contrepartie financière. Cet article contient des liens d'affiliation vers des sites marchands : si vous achetez via ces liens, une commission est reversée au site sans aucun surcoût pour vous, ce qui permet de financer nos tests en toute indépendance. Merci pour votre soutien !





